Quand il faut construire en bois, mon essence préférée est le Sapin de Douglas. Elle est très utilisée dans les constructions en ossature-bois notamment dans l’habitation. Ce bois est fantastique :
- il offre des caractéristiques mécaniques idéales,
- il est très résistant aux insectes xylophages et à la pourriture, ce qui évite de recourir à des traitements chimiques,
- il est cultivé en France un peu partout et est donc facilement disponible à un tarif très compétitif,
- il est beau.
J’ai repris les principes fondamentaux de l’ossature-bois. C’est-à-dire des montants verticaux assemblés en parties supérieures et inférieures par des lisses horizontales.
Par dessus les montants sont fixés des planches de bardage épaisses, participant au contreventement de la structure. La structure de la toiture est classiquement réalisée avec des chevrons qui supportent un platelage.
Les lisses basses
Les lisses ont une section de 10x4.
La lisse basse est fixée à la maçonnerie par des tire-fonds. La fixation sur certains parpaings creux s’avère parfois peu efficace. J’ai donc renforcé par des platines métalliques.
Montants verticaux et lisses hautes
Les montants ont une section de 10x7. Ils sont répartis sur les lisses à intervalles de 50cm. Ils sont fixés aux lisses basses par de grandes vis D6x120 disposées à 45° de part et d’autre de chaque montant.
Je reconnais que la structure est surdimensionnée pour un abri de jardin. Les montants ont quasiment la section qu’on utilise habituellement sur des maisons. De plus, ils sont très rapprochés l’un de l’autre. Mais je vais stocker des matériaux en hauteur. Vous savez ce que s’est, on stocke, on accumule, et on ne se rend pas compte du poids que cela peut faire. J’ai donc pris "ceinture et bretelle" et le surcoût est finalement négligeable.
J’ai inséré des entretoises entre chaque montant, à la fois pour fixer l’écartement, et aussi pour former un contreventement.
Normalement, il est préférable de construire les cadres de l’ossature au sol ou en atelier puis de les monter d’une pièce. Mais les formes arrondies de ma cabane ne le permettaient pas. Et je dois aussi avouer que je n’avais pas fait les plans pour cela. Donc, j’ai tout monté sur place, montant par montant, au fur et à mesure. C’est parfois un peu périlleux surtout au démarrage, car il faut faire tenir les montants à la verticale alors qu’il n’y a pas encore de points d’appui. Pour cela, on réalise des jambes de maintien avec des tasseaux que l’on fixe temporairement à 45°. On s’efforce de mettre le montant bien à la verticale.
Puis la lisse haute est fixée par dessus les montants avec des vis D6x120.
Le porte-à-faux
c’est la partie qui m’a posé le plus de difficultés techniques. Et je suis assez fier du résultat. La grande ouverture principale étant située en angle, et n’ayant pas pu mettre un poteau de soutien dans ce coin parce que je veux une ouverture large sans obstacle, les lisses hautes à cet endroit sont en porte-à-faux.
Pour cette raison, les lisses hautes sont doublées par des pièces de bois larges.
Chevronnage toiture
Les chevrons ont la même section que les montants et sont également écartés de 50 cm.
On remarque sur les photos que le cintrage sur le plan horizontal du mur du façade induit un cintrage de la toiture sur le plan vertical. Cet effet est volontaire.
Les chevrons sont posés et fixés aux lisses hautes par des grandes vis D6x140. Il est nécessaire de pratiquer un trou borgne de 14mm de quelques cm de façon à ce que la tête de vis pénètre un peu plus profondément dans le chevron. Ainsi les têtes de vis ne gêneront pas la pose du platelage.
L’alignement entre la lisse cintrée et les chevrons n’est par conséquent pas toujours orthogonal. L’appui du chevron sur la lisse n’est donc pas complet. Pour cette raison, une petite cale a été interposée sous chaque chevron.
Pose du platelage
Le platelage de toiture est fait de planches en Douglas de section 15x3.
Les planches sont clouées ou vissées, bord à bord, sur les chevrons.
Bardage
Le bardage est fait-maison à partir des planches de section 15x3, les mêmes que le platelage. A l’époque, j’avais choisi une grande épaisseur de 30mm car le bardage participe directement au contreventement. Avec le recul, j’aurai pu prendre des largeurs standards de 15 ou 19mm. Car en réalité, la fonction de contreventement est assurée par les entretoises.
La face extérieure a été rabotée, la face intérieure est laissée brut.
Les planches ont été profilées à la toupie.
La construction de planche de bardage est techniquement faisable mais requière beaucoup de temps et d’effort. Une réalisation-maison n’aura pas non plus la précision d’un produit industriel. La réalisation d’un profil rainure-et-languette est donc délicate sur de longues portées. Pour éviter les difficultés ultérieures de montage, il est donc préférable de se limiter à des longueurs inférieures à 2m. Et de fait, j’ai eu de grosses difficultés pendant le montage de mes planches, surtout les plus grandes.
Pour cette raison, le profil en clin ci-contre peut s’avérer plus facile à réaliser et à mettre en œuvre que le profil standard des bardage.
Les planches de bardage sont fixées contre les montants à la cloueuse pneumatique.